Des analogies pour faire comprendre l’immatériel

Faire comprendre le Web et son fonctionnement, espace immatériel rempli d’outils immatériels dont le fonctionnement n’est pas mécanique, peut sembler compliqué.

De façon non réfléchie, j’ai vite adopté les analogies afin d’aider les élèves à mieux comprendre certains aspects du fonctionnement du Web et de la recherche d’information en utilisant leurs connaissances ou en faisant référence à leurs expériences du quotidien. Nous-mêmes avons lu (et même étudié) des analogies comme Internet comparé au « village planétaire  » de Marshall McLuhan, à un « océan d’informations », « une corne d’abondance », un « Eldorado de l’information », le Web comparé à « la rue »  de Serge Pouts Lajus (« Le Web est une rue, ouverte à tous et libre. La meilleure façon pour y trouver son chemin, c’est de s’adresser à des gens qui la connaissent bien et en qui l’on a confiance).

David Ausubel ( chercheur en psychologie de l’éducation et des sciences cognitives, disciple de Jean Piaget)  :

« Si je devais ne garder qu’une seule parmi toutes les idées que la pédagogie a produites, ce serait celle-ci : ce qui influence le plus l’apprentissage, ce sont les connaissances que l’on possède déjà ».

Or, l’analogie est le « rapport existant entre des choses ou entre des personnes qui présentent des caractères communs ; ressemblance, similitude » (Larousse).

Il existe trois types d’analogies :

  • analogie directe : procédé reliant une idée nouvelle à une autre idée déjà connue et/ou expérimentée par les élèves
  • analogie personnelle : implique l’empathie et/ou l’identification de l’élève
  • analogie symbolique : rassemble deux idées opposées, créant une tension

Plus simplement, on y retrouve la comparaison, l’identification et la symbolique. Mes analogies concernent la culture informationnelle ainsi que la culture numérique. Il s’agit pour moi de permettre de relier une idée scolaire à une réalité matérielle des élèves. Je n’utilise pas d’analogie symbolique, trop complexe à appréhender au collège. Je n’affirme pas que mes analogies sont les seules ni qu’elles sont indispensables mais je sais, après confirmation par les élèves, que cela les aide dans leur compréhension des notions.

Quelques analogies qui fonctionnent auprès des élèves

Culture informationnelle

  • Besoin d’info = liste de courses avant d’aller au supermarché
  • Pertinence de l’information # popularité proposé par les moteurs de recherche = le premier résultat proposé par un moteur de recherche est le plus populaire mais pas toujours le plus pertinent. L’élève le plus populaire d’une classe n’est pas toujours celui qui a les idées les plus pertinentes.
  • Prélèvement d’info = on prend les aliments, conserves … au fur et à mesure qu’ils se présentent à nous dans le magasin et non pas dans l’ordre de la liste de course (ce qui nous obligerait à beaucoup d’aller-retour)

Culture numérique

  • 80% des sites Web sont commerciaux : si chaque élève de ce groupe (12 dans mon cas) était un site web, je ne pourrais faire confiance qu’à 2-3 élèves de la classe pour ma recherche d’informations. Cela signifie que tous les autres élèves ont quelque chose à me vendre.
  • Les hyperliens  : je prends un livre que j’ouvre au hasard et je « clique » sur un mot (avec le doigt), cela me fait aller sur une autre page dans le livre …. puis un autre mot (sur lequel je pose le doigt) me fait aller dans un autre site (donc un autre livre que je prends sur une étagère) ..

  • Le Web : si le Web était le CDI, imaginez qu’il y ait des millions de pages de livres liées entre elles par des liens/fils accrochés aux mots contenus dans ces pages

  • Un forum : je désigne au hasard un élève du groupe (souvent le plus populaire de la classe) qui veut se teindre les cheveux et qui demande, sur un forum, comment faire. Je désigne ensuite les élèves et j’y associe une réponse : tel élève sous pseudonyme conseille telle technique, un autre d’aller chez le coiffeur et un troisième d’utiliser une marque précise : qui croire ?

  • Les binômes aux ordinateurs ont tendance à se départager la manipulation : un élève tient la souris pendant que l’autre s’occupe du clavier, ce qui les ralentit plus qu’autre chose et engendre quelques disputes. Je leur dis : « un ordinateur, c’est comme une voiture, ça ne se conduit pas à deux. »
  • Fonctionnement d’un moteur de recherche

Analogie avec le CDI =  vous cherchez une information précise sur les chevaux parmi les millions de livres/sites web au CDI, que faites-vous ? Vous demandez au professeur documentaliste ou au logiciel documentaire PMB. Pour une recherche dans le Web, vous utilisez un moteur de recherche.

Analogie avec le professeur documentaliste = Imaginez que je sois un moteur de recherche. Je connais toutes les pages présentes au CDI qui contiennent le mot «cheval». Si vous me le demandez, je vous apporte tous les livres/sites web qui contiennent le mot « cheval» dans une de ses pages. Je le fais devant les élèves en allant chercher des livres sur les chevaux dans des étagères différentes : les mammifères (500) , l’équitation (700) , les chevaliers (900), dessiner les chevaux (700) …

Analogie avec l’achat d’un jean = Vous cherchez un jean. Vous vous rendez dans un magasin où il y a tout (Web).

Un vendeur arrive (moteur de recherche). Vous lui demandez un jean (requête).

Le moteur vous apporte tous les jeans de son magasin, de toutes les tailles, marques, couleurs, coupes, prix …. sans savoir quel est le jean qui vous va le mieux. Vous le voulez noir, donc vous lui demandez un « jean noir » (etc)  (affiner la recherche) . Lorsque le moteur de recherche/vendeur vous apporte sa sélection de jeans noirs, vous ne payez pas les yeux fermés, vous les essayez afin d’être certains qu’il vous va, qu’il est de la bonne longueur, qu’il correspond à votre style, morphologie …. (évaluation de l’info et du site, validation en fonction de la pertinence de l’info …)

  • Pourquoi un moteur de recherche n’est-il pas obligatoire pour accéder à une ressource ?

Lorsque vous venez au CDI, vous avez deux possibilités : soit vous savez où aller chercher un livre et vous y allez seuls car vous connaissez sa cote, soit vous ne savez pas où aller et vous me demander. Le Web, c’est pareil : soit vous savez où est le site/ressource et vous vous y rendez en écrivant son adresse URL dans la barre du navigateur, soit vous ne savez pas où est le site/ressource et vous faites une recherche via un moteur de recherche.

***

Les « créateurs » de notre environnement numérique utilisent d’ailleurs les analogies pour faciliter notre compréhension et notre expérience:

  • A travers les champs lexicaux du web et de l’informatique : eau (océan informationnel, naviguer, navigateur, navigation, surfer, se noyer dans l’information, débit du réseau, flux, filtre, source d’information ) , maison (accueil, site, entrée, forum, ouvrir et fermer une session, adresse URL, adresse mail, architecture, fenêtre, ascenseur, espace), militaire (Virus,  alertes, menaces, un  pare-feu,  fenêtre qui surgit , verrouiller une session, faire une  capture  d’écran,  bloquer l’accès, la touche  « echap » (échappée), prévention, sécurité, traces, danger, sauvegarder)
  • le son numérisé est représenté par une courbe dans les logiciels de montage son, courbe qui est le signal analogique du son

son analogiqueson numeirque fcosinus.free.fr

Et bien d’autres analogies que nous pouvons trouver dans les noms des outils, l’ergonomie et services proposés par les sites commerciaux …

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