Les mythes de l’EMI

Voici quelques diapositives du diaporama que j’ai exploité avec mes collègues disciplinaires avant de réfléchir ensemble à un parcours EMI au collège. (suite de l’article sur le parcours EMI)

Ce qui m’a semblé primordial est de définir clairement ce qu’est l’EMI et surtout, ce que ce n’est pas à partir des « mythes » sur le professeur documentaliste et de l’EMI.

emi ce que c'est

L’EMI présenté via les 3 cultures de l’information et les 3 verbes qui délimitent les compétences demandées aux élèves : savoir comprendre et créer l’information, être critique devant l’information (littératie informationnelle, littératie médiatique et littératie numérique)

emi 3c

Après les  « 3C » de « Comprendre », « Créer », « Critiquer » ( J’aurai pu aborder les « 7C » de Divina Frau Meigs mais ça faisait un peu trop d’un coup…), la diapositive suivante propose les mêmes compétences mais sous forme lisible par toutes les disciplines. Elles s’inscrivent dans le parcours citoyen, l’esprit critique et la nécessaire mémorisation des connaissances. Il s’agit des trois grandes compétences EMI du socle commun du cycle 4 (et, aussi du cycle 3 tant que nous y sommes)

EMI obj

Après avoir posé les bases de l’EMI, la complexité de l’EMI a été mise en avant par la compétence « savoir rechercher l’information ». Cette compétence s’écrit en 3 mots dans les programmes de plusieurs disciplines ainsi que dans le socle commun  (Domaine 2 : « Rechercher des informations dans différents médias (presse écrite, audiovisuelle, web) et ressources documentaires. ») sauf qu’elle nécessite un nombre conséquent de compétences à acquérir en amont et à mobiliser. Mon idée n’était pas de faire comprendre que c’est compliqué pour les enseignants qui n’ont pas le CAPES de documentation mais que c’est compliqué pour les élèves qui n’ont pas de formation prévue en EMI.

En résumé, savoir rechercher l’information ne fait pas partie des compétences innées mais bien acquises suite à un apprentissage régulier, structuré avec une progression et des évaluations (et donc des remédiations).

Cette diapositive était aussi l’occasion de rappeler que « rechercher l’information » est une activité intellectuelle et non pas physique, avec cette image mentale ou plutôt ce mythe que les élèves doivent être en action physique pour être en situation de recherche.

rechercher

Certains élèves, dès la rentrée de 6°, doivent faire des pages de garde en autonomie, d’autres élèves, dans d’autres niveaux, doivent produire des diaporamas. Or, les compétences EMI sont nécessaires pour ces deux productions pourtant souvent données en « devoirs à la maison » sans aucune explication avant ni accompagnement.  L’objectif des diapositives suivantes était la prise de conscience : c’est compliqué pour un élève, cela demande des compétences EMI à travailler en amont, on ne peut pas les laisser seuls à la maison pour le faire pour la première fois.

page de garde

diaporama

Enfin, l’EMI ne peut être possible que si l’outil informatique est un minimum maîtrisé. C’est donc pour cela que les élèves doivent d’abord apprendre à utiliser un ordinateur afin de pouvoir accéder aux apprentissages liés à l’EMI. C’est comme l’écriture ; tant que l’élève se concentre sur la formation des lettres, il ne peut apprendre l’orthographe du mot qu’il recopie (surcharge cognitive). Tant que l’élève se concentre sur la souris, sur la navigation hypertextuelle, sur la recherche de la zone texte de sa page Web,, il ne peut se concentrer sur les évaluations et vérifications à effectuer au sein de l’information et de ses sources.

 L’exemple ici concerne la création d’un diaporama qui nécessite autre chose que des compétences liées à l’usage de l’outil informatique et du logiciel de PAO. L’outil n’est qu’un moyen pour l’EMI et non une fin.

informatique à maitriser retouche

 

La seconde partie du diaporama a concerné la neuropédagogie et cette nécessité de laisser du temps aux élèves pour apprendre et donc mémoriser, la nécessité de répéter et donc de travailler des compétences ciblées de l’EMI afin que les notions soient acquises. Un élève qui entend parler de « pertinence de l’information » deux fois dans l’année ne va pas mémoriser. En revanche, s’il entend le même vocabulaire, si on exige de lui les mêmes compétences à mobiliser à chaque recherche d »information dans plusieurs disciplines plusieurs fois dans l’année, il y aura mémorisation et acquisition de mécanismes dans cette tâche. J’exploite là le stage sur la neuropédagogie auquel j’ai assisté en 2017-2018 avec Jean-François Camps.

neuropedagogie

  • Pour faciliter la mémorisation, il faut réitération : rappel de l’information au bout de 10′ / 1 jour / 1 semaine / 1 mois / 6 mois (dans l’idéal)
  • jusqu’à 90% des informations peuvent être oubliées s’il n’y a pas de rappel
  • 60% des élèves oublient leur sujet de recherche d’information au bout de 15 à 20′
  • Donc, non, une recherche d’information par an, une production médiatique par an, ce n’est pas suffisant. Donc non, le prof doc, à lui tout seul, ce n’est pas suffisant.

apports neuropedagogie

  • Comprendre ne signifie pas apprendre
  • Accepter de lâcher-prise pendant les séances de recherche d’information et de production 
  • Laisser les élèves se tromper, écrire les mauvaises requêtes, cliquer sur les mauvais sites afin qu’ils apprennent et non que ce soit l’enseignant qui leur fasse tout
  • Donner du sens à leur recherche : quelle est son vrai but ? Arrêter de leur demander de « trouver » une information mais donner comme objectif de l’apprendre, arrêter de donner une production pour faire un travail scolaire mais plutôt pour en faire un produit médiatique à diffuser à tous, partir de leurs pratiques pour les amener à découvrir d’autres usages de leurs outils quotidiens.
  • Au cours des séances EMI, les faire changer d’activité : 15′ explication – apports de connaissances puis mettre les élèves en manipulation puis refaire un apport de connaissance …
  • Répéter, revenir sur ce qui a été fait la veille, la semaine d’avant, par un autre collègue, dans une autre discipline donc harmonisation du vocabulaire EMI (la « nature du doc » en histoire – image, texte, vidéo, son- n’est pas la « nature du doc » en info-doc ni en lettres -fiction, documentaire) ET vision globale de ce qui se fait ET réponse collégiale à l’EMI.
  • Du temps, du temps, un peu plus de temps pour nous les profs docs et un peu plus de temps pour eux, les élèves.

 

La dernière partie de mon diaporama s’est concentré sur l’esprit critique en me basant sur l’article de Gilles Sahut dont j’ai déjà consacré un article.

jeunes s informent

Et quelques pistes de projets afin d’amener les élèves à apprendre à exercer leur esprit critique face à l’information numérique.

pistes

 

Cependant, rien ne vaut la manipulation des enseignants pour leur faire comprendre que l’EMI peut être compliqué, que cela demande du temps d’évaluer et non, encore un mythe, une recherche d’information n’est pas une activité rapide.

manip

Et enfin, dernier mythe, celui de l’EMI dont on peut se passer dans sa scolarité, qui a moins d’importance qu’un cours de sport ou de français …. Non, l’EMI s’enseigne, l’EMI s’apprend et devrait être « l’enseignement » des médias et de l’information.

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